
La qualité des relations, notion fondamentale pour bien comprendre la complexité et les impacts de l’isolement, doit produire 3 dimensions :
- La reconnaissance = je compte pour quelqu’un
- La protection = je peux compter sur quelqu’un
- La participation = quelqu’un compte sur moi
Ces 3 dimensions sont élémentaires et interdépendantes pour définir la qualité des relations. Ce qui fait qu’on peut se sentir seul et abandonné alors qu’on a de la famille et inversement, ne pas avoir de proches et pourtant, ne pas souffrir de solitude.
L’isolement social dépend à la fois de facteur individuels, communautaires et environnementaux et peut avoir plusieurs causes possibles, comme :
- Les problèmes de santé mentales peuvent affecter la manière dont une personne interagit avec les autres et peut les amener à se retirer de leur réseau social
- Des événements ou étapes de vie, tels que la crise du COVID 19, l’immigration, la perte d’un emploi, …, peuvent perturber les relations sociales existantes et rendre difficile le maintien ou l’établissement de nouvelles connexions.
- Des facteurs tels que le chômage, la précarité économique ou le manque d’accès aux ressources peuvent conduire à l’isolement social. Ce mal invisible touche encore plus les femmes, notamment dû à des ressources financières plus basses que celles des hommes.
- L’isolement social peut être une stratégie de contrôle utilisée dans des relations abusives, de plus, la violence conjugale s’accompagne des sentiments de culpabilité, de honte, de dévalorisation de soi, de perte d’identité pour se conformer à ce que l’oppresseur exige.
- Dans certaines cultures ou groupes sociaux, certaines normes ou pratiques peuvent restreindre les interactions sociales, particulièrement pour certaines personnes, comme les femmes, les minorités ethniques ou les personnes LGBTQ+.
- De plus, les femmes en tant que groupe social se voient confrontées au quotidien à de nombreuses situations de micro-agression, voire de violences, discriminations, injustices, en plus de la charge mentale et émotionnelle constante ce qui augmente le repli sur soi.
Il est important de noter que les différents facteurs peuvent être interconnectés et s’influencer mutuellement. Comprendre les causes permet de mieux identifier les personnes susceptibles d’être en situation d’isolement social.
L’isolement social des femmes en Belgique, comme dans tout autre pays, peut avoir des impacts significatifs sur leur bien-être physique, mental et émotionnel, ainsi que sur leur participation et leur intégration dans la société.
Des recherches ont montré que la solitude est néfaste pour la santé et constitue une importante source de stress. Et selon Jean François Serres l’isolement social, en France, tue autant que le tabagisme ou que l’obésité, c’est la deuxième cause de suicide. Il considère l’isolement social comme une nouvelle forme de misère de notre société.
Lorsqu’une personne n’entretient des liens qu’avec un nombre très limité de personnes et/ou que les contacts sont peu fréquents et/ ou de faible qualité, elle est privée de tout ce qui circule dans les relations sociales : les biens et services, informations et conseils, soutien moral et psychologique. On peut donc dire que l’isolement sociale est un accélérateur des inégalités, plus on est pauvre, plus on est isolé, plus on est isolé plus on est pauvre.
Pour certaines femmes, l’isolement social peut les rendre plus vulnérables à la violence domestique. Lorsqu’elles sont coupées de leur réseau social, elles peuvent avoir moins de ressources pour chercher de l’aide et se libérer de situations abusives.
L’absence d’interactions sociales de qualité, entretien des liens étroit avec la précarité et la violence. L’isolement social est, dès lors, considéré comme d’un intérêt de santé publique et de cohésion sociale.
Par Mireille Serron